La vie quotidienne des prisonniers de guerre français en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale
Une exposition franco-allemande pour faire revivre la mémoire de 1,6 million de Français prisonniers en Allemagne entre 1940 et 1945.
À travers une exposition historique itinérante, l'Association des Descendants des Anciens Prisonniers de Guerre des Stalags IX A, IX B et IX C (ADAPG) et le Mémorial et Musée de Trutzhain, en Allemagne, nous invitent à découvrir une page encore trop méconnue de notre histoire collective.
Documents d'archives, photographies, lettres, objets et témoignages racontent le quotidien de ces hommes, leurs souffrances, leurs espoirs, leurs solidarités et leur long chemin vers la liberté.
Une exposition pour comprendre, transmettre et construire une mémoire commune franco-allemande.
1940 : près de deux millions de soldats français faits prisonniers
Au printemps 1940, en seulement six semaines, environ 1 850 000 soldats français, soit près de 40 % des effectifs de l'armée française, sont capturés par l'armée allemande.
Parmi eux, près de 1,6 million sont transférés en Allemagne. Les officiers sont internés dans des Oflags, tandis que les soldats et sous-officiers sont regroupés dans des Stalags, avant d'être souvent affectés à des commandos de travail (Arbeitskommandos).
Durant plusieurs années, ces prisonniers participent, sous la contrainte, au fonctionnement de l'économie allemande, dans les exploitations agricoles, les usines, les mines ou sur les chantiers.
L'éloignement familial, la fatigue, la faim, les incertitudes et les privations marquent profondément leur quotidien.
Au printemps 1945, près d'un million de Français attendent encore leur libération.
Pourtant, malgré l'ampleur de cet épisode historique, l'expérience des prisonniers de guerre français reste aujourd'hui largement méconnue.
Une plongée dans le quotidien des prisonniers
L'exposition retrace l'histoire de ces hommes, depuis leur capture jusqu'à leur rapatriement, en privilégiant une approche humaine et concrète.
Organisée autour d'une vingtaine de panneaux thématiques bilingues, elle permet de comprendre les multiples dimensions de leur existence.
Les visiteurs découvrent notamment :
La capture et l'arrivée dans les camps : les conditions de transfert, l'enregistrement et l'organisation des Stalags.
Le travail forcé : la vie dans les commandos agricoles et industriels, les conditions de travail et les relations avec la population allemande.
Les difficultés quotidiennes : l'alimentation, la faim, les maladies, les soins médicaux et les conditions de logement.
Les liens avec les familles : les lettres, les colis et l'attente interminable des nouvelles.
La vie culturelle et intellectuelle : le théâtre, la musique, les activités artistiques, la pratique religieuse et les initiatives permettant de préserver une vie sociale.
Les formes de résistance : les tentatives d'évasion, les refus de coopérer et les actes de résistance au travail.
La libération et le retour en France : les espoirs retrouvés, mais aussi les difficultés de réinsertion dans une société profondément transformée.
Photographies, documents originaux et récits personnels permettent de dépasser les seuls événements militaires pour comprendre ce que signifiait, humainement, vivre plusieurs années en captivité.
L'ADAPG : des descendants mobilisés pour transmettre la mémoire
Créée en juin 2023, l'Association des Descendants des Anciens Prisonniers de Guerre des Stalags IX A, IX B et IX C (ADAPG) rassemble des enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants d'anciens prisonniers.
Son ambition est de faire connaître l'histoire de la captivité et de préserver la mémoire de ces hommes, dont les expériences ont parfois été peu racontées au sein même des familles.
L'association contribue à la recherche historique, accompagne les descendants dans leurs recherches familiales et valorise les archives, témoignages et documents conservés par les familles.
Elle organise également des rencontres, conférences et expositions pour transmettre cette histoire au plus grand nombre.
À travers cette démarche, les descendants deviennent à leur tour des passeurs de mémoire.
En savoir plus : Site officiel de l'ADAPG
Le Mémorial et Musée de Trutzhain : un lieu historique au cœur du projet
L'exposition a été conçue conjointement avec le Mémorial et Musée de Trutzhain, situé à Schwalmstadt, dans le Land de Hesse, en Allemagne.
Inauguré en 2003, ce mémorial occupe une partie de l'ancien camp de prisonniers de guerre Stalag IX A de Ziegenhain, où furent internés des prisonniers de différentes nationalités entre 1939 et 1945.
Le site conserve notamment des bâtiments et des traces de l'organisation de l'ancien camp.
Il constitue aujourd'hui un lieu de recherche, d'éducation historique et de rencontres, consacré à la mémoire des prisonniers de guerre et à l'histoire de ce territoire pendant et après la Seconde Guerre mondiale.
La coopération entre le Mémorial et l'ADAPG a permis de réunir des archives allemandes et françaises, des témoignages et des documents familiaux.
Cette collaboration apporte un éclairage particulièrement précieux sur une histoire vécue de part et d'autre du Rhin.
En savoir plus : Mémorial et Musée de Trutzhain
Une exposition franco-allemande qui fait dialoguer les mémoires
Au-delà de la transmission historique, cette exposition porte un message profondément européen.
Elle montre comment les descendants d'anciens prisonniers français et les familles allemandes liées à cette histoire peuvent aujourd'hui se rencontrer, échanger leurs souvenirs et participer à la construction d'une mémoire partagée.
Cette démarche ne cherche ni à effacer les souffrances du passé ni à minimiser les responsabilités historiques.
Elle permet au contraire de mieux comprendre les expériences individuelles, de reconnaître les blessures laissées par la guerre et de favoriser le dialogue entre générations.
L'exposition est présentée en français et en allemand, afin de permettre aux publics des deux pays de découvrir et de comprendre cette histoire.
Ce travail de mémoire illustre la façon dont la coopération franco-allemande peut contribuer à la réconciliation, au rapprochement des peuples et à la construction européenne.
Une exposition itinérante à vocation pédagogique
Conçue pour circuler en France et en Allemagne, l'exposition s'adresse à un large public : habitants, familles, passionnés d'histoire, associations mémorielles, enseignants et élèves.
Une attention particulière est portée aux collèges et aux lycées.
À travers les documents et les témoignages, les jeunes générations sont invitées à découvrir une dimension de la Seconde Guerre mondiale souvent moins connue que les grandes opérations militaires.
Des présentations et des temps d'échange peuvent également accompagner certaines étapes, notamment autour du documentaire « Nos chers prisonniers », réalisé par Éric Deroo.
L'exposition fait étape en Île-de-France en 2026
Après plusieurs présentations en France et en Allemagne, l'exposition poursuit son itinérance en Île-de-France durant les mois de novembre et décembre 2026.
Clamart – du 10 au 16 novembre 2026
Salle Jacky Vauclair. Une projection du documentaire « Nos chers prisonniers » est également prévue le vendredi 13 novembre à 18h30, à la Maison des associations, 13 bis rue de Bièvres, suivie d'un échange avec Vincent Péton, vice-président de l'ADAPG.
Sèvres – du 16 au 20 novembre 2026
Présentation de l'exposition au collège de Sèvres, dans une démarche de sensibilisation et de transmission auprès des élèves.
Le Mesnil-Saint-Denis – du 23 au 27 novembre 2026
Exposition au château du Mesnil-Saint-Denis, les après-midis. Une inauguration est prévue le lundi 23 novembre à 20h, avec la participation de Hans Herth.
Le Chesnay-Rocquencourt – du 2 au 12 décembre 2026
Bibliothèque Victor Hugo, 37 rue Caruel Saint-Martin.
Entrée libre et gratuite.
Une projection du documentaire « Nos chers prisonniers » est prévue le vendredi 11 décembre après-midi.
Cette dernière étape est organisée par l'Association Européenne des Jumelages Le Chesnay-Rocquencourt, avec le soutien de la FAFA Île-de-France et de la Bibliothèque Victor Hugo.
Un projet soutenu et reconnu
L'exposition a bénéficié du soutien de la Hessische Landeszentrale für politische Bildung (Centre régional de la Hesse pour l'éducation politique) et du Fonds citoyen franco-allemand.
Elle a également reçu le label national « 80 ans de la Libération », soulignant son intérêt mémoriel.
Faire vivre la mémoire, ensemble
Quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'histoire des prisonniers de guerre français mérite de retrouver toute sa place dans notre mémoire collective.
L'exposition proposée par l'ADAPG et le Mémorial et Musée de Trutzhain nous rappelle que derrière les événements historiques se trouvent des destins individuels, des familles séparées, des souffrances, mais aussi des actes de solidarité et des histoires humaines qui continuent de relier la France et l'Allemagne.
Nous invitons chaleureusement tous les publics, et particulièrement les jeunes générations, à découvrir cette exposition pour comprendre le passé et continuer à faire vivre une mémoire franco-allemande partagée.
